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17
Cl
Chlore
11
Na
Sodium
Produit minéral

Le chlorure de sodium est soit récupéré à partir de l’eau de mer dans des marais salants, soit extrait de gisements de sel gemme qui ont été formés par dépôts à partir d’eau de mer. L’exploitation des gisements de sel gemme est effectuée selon des méthodes minières classique ou par circulation d’eau in situ qui donne des saumures exploitées directement par l’industrie chimique. Les saumures peuvent aussi donner du sel cristallisé, appelé ignigène, par évaporation de l’eau. Le chlorure de sodium peut provenir également d’une coproduction industrielle lors du traitement des minerais de chlorure de potassium ou de la concentration des solutions d’hydroxyde de sodium.
Il est principalement employé par l’industrie chimique pour produire le dichlore et l’hydroxyde de sodium ainsi que le carbonate et le sulfate de sodium. Il est utilisé comme sel de déneigement, dans l’alimentation humaine et animale, pour l’adoucissement de l’eau.

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Minéral Structure cristalline Rayons ioniques de Pauling dans la coordinence 6
NaCl 58,44 g.mol-1 halite cubique faces centrées de paramètre a = 0,564 nm Na+ : 95 pm et Cl : 181 pm

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de fusion Température d’ébullition Solubilité dans l’eau
2,165 g.cm-3 2 à 2,5 801°C 1 413°C
  • à 0°C : 35,7 g/100 g d’eau
  • à 100°C : 39,12 g/100 g d’eau

Données thermodynamiques

Chlorure de sodium cristallisé :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -411,2 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : -384,2 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 72,4 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 49,7 J.K-1mol-1
  • Enthalpie molaire standard de fusion à la température de fusion : 28,5 kJ.mol-1
  • Enthalpie molaire standard d’ébullition à la température d’ébullition : 170,8 kJ.mol-1

Chlorure de sodium gazeux :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -182,1 kJ.mol-1

Données industrielles

État naturel

Le chlorure de sodium, NaCl, est d’origine marine. La teneur moyenne des océans est, en moyenne, de 30 g/L et varie de 20 g/L en mer Baltique à 79 g/L en mer Morte, soit 40 millions de milliards de t de chlorure de sodium contenues. Si tous les océans de la terre étaient asséchés, 75 % de la surface du globe serait recouverte d’une couche de 75 m de sel.

Le chlorure de sodium est soit récupéré à partir de l’eau de mer dans des marais salants, soit exploité dans des gisements de sel gemme qui ont été formés par dépôts à partir d’eau de mer. Aux États-Unis, les réserves de sel gemme sont estimées à plus de 55.1012 t. Les lacs salés sont également exploités, industriellement aux États-Unis ou artisanalement dans de nombreux autres pays. Le plus grand lac salé du monde est celui d’Uyuni, en Bolivie, de 10 000 km2, situé à 2653 m d’altitude. Ses réserves sont de 63 milliards de t de chlorure de sodium, 9 millions de t de sels de lithium (2/3 des réserves mondiales), 200 millions de t de sels de magnésium, potassium

Principaux constituants de l’eau de la mer Méditerranée :

en kg par tonne
Cl Na+ SO42- Mg2+ Ca2+ K+ HCO3 Br
20,4 11,4 2,8 1,4 0,4 0,4 0,1 0,07

Sels formés par l’évaporation totale dans les marais salants d’une tonne d’eau de mer :

en kg
NaCl MgCl2 MgSO4 CaSO4 KCl NaBr
28,46 3,73 2,22 1,46 0,74 0,09

Cristallisation fractionnée lors de l’évaporation de l’eau de mer :

densité volume de solution sel précipité
1,025 1000
1,059 476 CaCO3
1,125 200 CaSO4, 2H2O
1,209 112 NaCl
1,264 30 MgCl2 et MgSO4

La production de chlorure de sodium dans les marais salants est réalisée de telle sorte que NaCl récolté soit le plus pur possible. Il faut pour cela, à l’aide de circuits complexes, éviter la coprécipitation des autres sels tels que ceux de magnésium.

Ressources

Sel de première intention

Il est obtenu à partir :

De l’eau de mer par la technique agricole des marais salants (salins).

Exemple de Salin de Giraud (13), lorsque la capacité de production était de 800 000 t de sel/an avec une superficie de 11 000 ha. L’eau de mer qui était pompée avec un débit de 10 à 15 m3 par seconde parcourait un circuit de 70 à 100 km. Le volume de saumures contenu était d’environ 35 millions de m3. Une énergie solaire gratuite de 2 millions de t équivalent-pétrole était utilisée. Après cristallisation du sel, le traitement des « eaux mères » donne des produits magnésiens (sulfate, hydroxyde, chlorure…). La capacité de production n’est plus que de 340 000 t/an, depuis 2011, après l’arrêt de l’approvisionnement de l’usine de chlore-soude d’Arkema à Saint-Auban.

Le marais salant le plus important au monde est celui exploité par Exportadora de Sal (ESSA) détenue à 51 % par l’État mexicain et à 49 % par Mitsubishi Corporation, au Mexique, en Basse Californie, à Guerrero Negro, avec une surface de 33 000 hectares de marais salants et une capacité de production de 8 millions de t/an.

De gisements de sel gemme (halite) exploités par technique minière. La teneur minimale des gisements pour être exploités est de 90 % en NaCl. En France, une seule mine est en exploitation, celle de Saint Nicolas à Varangéville, près de Nancy (54), située à 160 m de profondeur. Le gisement, formé au Trias, de 12 000 km2 de superficie, possède mille milliards de t de réserves. La couche inférieure (sel de Muschelkalk) s’est déposée il y a 215 à 220 millions d’années, la couche supérieure (de Keuper), celle qui est actuellement exploitée, il y a 100 à 135 millions d’années. La capacité de production est de 525 000 t/an avec une teneur de 93 à 94 % de NaCl. Le puits principal actuel a été foré en 1868. La mine est exploitée selon la technique des chambres et piliers avec des galeries de 4,5 m de hauteur et 13 m de largeur, avec des piliers abandonnés carrés de 29 m de côté.
La plus importante mine de sel gemme au monde, avec une capacité de production de 8 millions de t/an, exploitée par Sifto, filiale de Compass Minerals, est située à Goderich, en Ontario au Canada. Le gisement a été découvert lors d’une recherche de pétrole. La couche de sel exploitée est située à 550 mètres de profondeur. Le sel a été initialement extrait sous forme de saumure puis, à compter de 1959, une exploitation minière a débuté.

De gisements de sel gemme exploités par circulation d’eau in situ : on obtient des saumures saturées en sel à environ 300 g/L. L’eau de ces saumures peut être évaporée artificiellement dans des salines pour obtenir du sel cristallisé appelé sel ignigène. Ces saumures renfermant du sel de dissolution sont souvent utilisées directement comme matière première industrielle pour la production de carbonate de sodium, de dichlore et d’hydroxyde de sodium.

Production fatale de sel

Elle se produit :

  • Lors du traitement de minerais : on obtient du sel thermique (ou sel coproduit) lors du traitement de la sylvinite, minerai de potasse (voir le chapitre chlorure de potassium). Cette production, liée à celle de la sylvinite, s’est terminée en 1999, en France, avec l’arrêt de l’exploitation des Mines de Potasse d’Alsace.
  • Lors de procédés industriels : la concentration des lessives de soude donne, par an, en France, environ 600 000 t de sel qui sont directement recyclées pour produire du dichlore et de la soude (voir les chapitres hydroxyde de sodium et dichlore).

Consommation d’énergie

En fonction du type d’exploitation.

  • Marais salants : 68 MJ/t de sel.
  • Sel gemme : 195 MJ/t de sel.
  • Sel ignigène : de 2 200 à 2 500 MJ/t de sel.

Productions

Production de chlorure de sodium

En 2021, en millions de t, sur un total mondial de 290 millions de t. Source : USGS

en milliers de t
Chine 64 000 Chili 10 000
États-Unis 40 000 Mexique 9 000
Inde 29 000 Russie 8 000
Allemagne 15 000 Brésil 7 400
Australie 12 000 Turquie 6 900
Canada 10 000 Pays Bas 6 200

Source : USGS

Depuis 2005, la Chine a supplanté les États-Unis comme premier producteur mondial.

Dans le monde, en 2013, 40 % de la production est assurée par l’exploitation de marais salants ou de lacs salés, 26 % par l’exploitation de gisements de sel gemme et 34 % par l’extraction de saumures.

En 2020, la production de l’Union européenne est de 42,279 millions de t.

Aux États-Unis, en 2021, 44 % de la production est sous forme de sel gemme, 40 % de saumures, 10 % de sel ignigène, 6 % de sel de mer ou de lacs salés. La production est assurée, à 95 %, par les États suivants : Kansas, Louisiane, Michigan, État de New York, Ohio, Texas, Utah. 36 sociétés exploitent 63 usines.

En Inde, en 2018-19, 81,3 % de la production a lieu dans l’État de Gujurat, 8,6 % dans celui du Rajasthan, 8,0 % dans celui du Tamil Nadu. 83,7 % du sel est obtenu dans des marais salants.

Cas particulier du Japon : pour des raisons climatiques, la technique des marais salants n’y est pas efficace. Ce pays a développé la production de sel par électrodialyse qui couvre environ la moitié de la production de sel cristallisé. L’électrodialyse, à partir d’eau de mer permet d’augmenter la concentration de l’eau de 3,5 à 15-20 %. La production de sel est la 2ème utilisation de l’électrodialyse dans le monde, après le dessalement des eaux saumâtres. La production ne couvrant pas la consommation, des sociétés japonaises exploitent des marais salants à l’étranger, par exemple au Mexique, en Basse Californie, où Mitsubishi Corporation possède 49 % de Exportadora de sal (ESSA), 51 % appartenant à l’État mexicain, qui exploite le plus grand marais salant au monde avec une capacité de production de 8 millions de t/an ou en Australie de l’Ouest avec Mitsui qui possède en propre des unités de production ainsi qu’avec Marubeni et Sojitz qui détiennent une participation dans Dampier Salt détenu principalement, à 68,4 %, par Rio Tinto.

Commerce mondial : en 2021.

Les ressources en sel sont bien réparties et abondantes sauf au Japon avec, en 2020, une production de 874 000 t pour une consommation de 7,845 millions de t, le sel étant principalement produit par des sociétés japonaises à l’étranger, surtout en Australie et au Mexique avec 6,829 millions de t. Il en est de même en Scandinavie (Norvège, Suède, Finlande et Danemark) où les importations sont, en 2020, de 2,325 millions de t. Les échanges mondiaux portent sur environ 20 % de la production de sel cristallisé.

Principaux pays exportateurs : sur un total de 46,241 millions de t, en 2020.

en milliers de t
Australie 12 300 Pays Bas 4 602
Inde 8 512 Allemagne 4 359
Chili 7 446 Espagne 1 781
Canada 5 889 Mexique 1 759
Trinidad et Tobago 4 703 Tunisie 1 574

Source : ITC

Les exportations de l’Inde sont destinées à la Corée du Sud à 23 %, à la Chine à 23 %, au Japon à 13 %, à l’Indonésie à 9 %.

Principaux pays importateurs.

en milliers de t
États-Unis 16 842 Trinidad et Tobago 3 070
Japon 7 467 Indonésie 2 831
Chine 5 185 Allemagne 2 611
Corée du Sud 4 730 Canada 2 020
Taipei chinois 3 502 Belgique 1 645

Source : ITC

Les importations des États-Unis proviennent du Canada à 33 %, du Chili à 31 %, du Mexique à 9 %, d’Égypte à 8 %…

Principaux producteurs mondiaux : en 2021.

en millions de t/an de capacités de production
Stone Canyon Industries 29 Exportadora de Sal (Mexique) 8
China National Salt 21 Artyomsol (Ukraine) 8
Compass Minerals 14,7 Nouryon (Pays Bas) 7
Cargill Salt 14 Salzwerke (Allemagne) 5
K+S 10,5 American Rock Salt (États-Unis) 5
Dampier Salt (Australie) 10 Mitsui (Australie) 4,5

Sources : rapports des sociétés

  • Stone Canyon Industries, est devenu, en 2021, n°1 mondial avec une capacité de production de 29 millions de t/an, après avoir acquis aux États-Unis le groupe Kissner, en mars 2020, avec des mines de sel gemme à Detroit dans le Michigan et Lyons dans le Kansas et du sel ignigène à Watkins dans l’État de New-York, revendu depuis, puis, en avril 2021, les activités américaines dans le sel de K+S avec :
    • 14 millions de t/an avec sa filiale Morton aux États-Unis, Canada et Bahamas dans 6 mines, 3 salins et 9 unités de production de sel ignigène.
    • 8 millions de t/an, au Chili dans la mine de Salar Grande de Tarapacá exploitée à ciel ouvert, dans le désert d’Atacama et 0,5 million de t/an dans un salin au Brésil à Salina Diamante Branco, dans le Natal.
  • Le groupe China National Salt a produit, en 2018, 18 millions de t.
  • Avec des capacités de 14,7 millions de t/an, Compass Minerals exploite des mines à Goderich, Ontario au Canada (7,2 millions de t/an), Cote Blanche, Louisiane, aux États-Unis (2,6 millions de t/an), Winsford, dans le Cheshire au Royaume Uni (2 millions de t/an), ainsi que du sel ignigène au Canada à Goderich (127 000 t/an), Unity, dans le Saskatchewan (127 000 t/an), Amherst, en Nouvelle Écosse (118 000 t/an) et aux États-Unis à Lyons, au Kansas (408 000 t/an) et un marais salant dans le Grand Lac Salé, à Ogden, dans l’Utah (1,4 million de t/an). En 2020, les ventes de sel ont porté sur 10,4 millions de t à 61 % destinées au dégivrage routier. Les réserves de sel sont de 426 millions de t à Goderich, 234 millions de t à Cote Blanche et 24 millions de t à Winsford.
  • Le groupe Cargill Salt possède des capacités de 13 millions de t/an aux États-Unis, avec 3 mines, à Lansing dans l’État de New-York, avec 2 millions de t/an, Cleveland dans l’Ohio et Avery Island en Louisiane, 3 salins à Newark en Californie, Freedom dans l’Oklahoma et Timpie dans l’Utah, 7 exploitations de sel ignigène et 800 000 t/an dans un salin au Venezuela avec la société Produsal.
  • Le groupe allemand K+S avait été jusqu’en 2020, n°1 mondial après les acquisitions de la société chilienne Sociedad Punta de Lobos (SPL) en 2006 et de la société nord américaine Morton Salt en octobre 2009. Ces activités américaines ont été vendues, en 2021 au groupe Stone Canyon Industries. Les capacités mondiales de production de K+S étaient alors de 31 millions de t/an, avec, en 2019, une production de 25,7 millions de t de sel. Les capacités de production en 2021 sont les suivantes :
    • 9 millions de t/an de sel cristallisé et 1,7 million de t de saumure par sa filiale European Salt Company (Esco), en Europe (Allemagne, France, Espagne, Pays Bas et Portugal), dans 3 mines en Allemagne, 2 exploitations de saumure et plusieurs exploitations de sel ignigène.
    • Le groupe a le projet de développement d’un salin, pour 2022, le projet Ashburton, près de Onslow, en Australie de l’Ouest, avec une capacité de production de 4,5 millions de t/an.
  • Dampier Salt, détenu à 68,4 % par Rio Tinto, avec des groupes japonais, Marubeni avec 21,5 % et Sojitz avec 10,1 %, exploite, en Australie de l’Ouest, avec de l’eau de mer les sites de Dampier avec 4,2 millions de t/an, Port Hedland avec 3,2 millions de t/an et avec les saumures du lac salé le site de Lake MacLeod avec 2,9 millions de t/an. En 2021, la production a été de 8,555 millions de t dont 5,848 millions de t pour Rio Tinto.
  • Exportadora de Sal (ESSA) détenue à 51 % par l’État mexicain et à 49 % par Mitsubishi exploite par évaporation solaire d’eau de mer, au Mexique, en Basse Californie, à Guerrero Negro, une surface de 33 000 hectares de marais salants. La production destinée entièrement à Mitsubishi est exportée par le port de Cedros Island.
  • Artyomsol, société d’État, exploite, en Ukraine, dans la région du Donetsk, à Soledar, la mine de Bryantsevskiy qui a commencé une production industrielle en 1881. En 140 ans, la production a été de 289 millions de t. La production de 2021 a été de 1,9 million de t exportées à 39,5 %. En 2022, la production est arrêtée.
  • Les spécialités chimiques d’Akzo Nobel sont devenues Nouryon en octobre 2018. Le groupe produit, avec sa filiale Nobian, du sel ignigène aux Pays Bas à Delfzijl et Hengelo avec 6 millions de t/an et à Mariager au Danemark. En Espagne, à Súria, en Catalogne, a créé une joint venture avec le groupe israélien ICL pour exploiter le sel de la mine de potasse d’ICL. Une première production de 750 000 t/an est opérationnelle depuis 2018, une seconde d’une même capacité depuis 2021.
  • Salzwerke exploite, en Allemagne, les mines de sel gemme de Heilbronn et Berchtesgaden et des saumures dans le bassin de Bad Reichenhall.
  • American Rock Salt, aux États-Unis, exploite la mine de Hampton Corner, à Rochester, dans l’État de New-York.
  • Le groupe japonais Mitsui exploite les marais salants de Shark Bay avec 1,3 million de t/an et Onslow avec 2,7 millions de t/an, en Australie de l’Ouest. La capacité totale de production a été portée, fin 2016, à 4,5 millions de t/an.
  • Autres producteurs européens importants : Salins (voir avec la situation française), Italkali, en Italie, avec 2 millions de t/an, avec 4 exploitations dont 3 en Sicile à Petralia, Racalmuto et Realmonte, British Salt, au Royaume Uni, propriété depuis décembre 2010 de Tata Chemicals, avec 400 000 t/an extraites sous forme de saumures à Warmingham.

Recyclage

En France, à Rosières-aux-Salines (54), la société Resolest contrôlée moitié-moitié par Solvay et Suez Environnement traite les résidus résultant de l’utilisation du procédé SOLVair, mis au point par Solvay, qui consiste à éliminer les composés chlorés, principalement le chlorure d’hydrogène, présents dans les gaz issus du traitement des ordures ménagères ou de procédés industriels, à l’aide d’hydrogénocarbonate de sodium. Une tonne d’ordures ménagères donne 10 kg de sels d’épuration et chaque kg de sels d’épuration donne 800 g de chlorure de sodium. Les capacités de traitement sont de 65 000 t/an. Les saumures obtenues, via un saumoduc de 4 km, alimentent l’usine Solvay de production de carbonate de sodium.

Situation française

En 2020.

Production :  5 668 318 t.

  • Sel cristallisé (sel marin, ignigène et sel gemme), en 2019 : 2 703 900 t.
  • Sel de dissolution, en 2019 : 4 249 500 t.

La production de sel gemme provient entièrement de la mine de Saint Nicolas à Varangéville (54).

La production, dans les marais salants, a été effectuée à 99 % en Méditerranée. La récolte de 1979, exceptionnelle, avait été de 1,8 million de t. La production des marais salants dépend fortement des conditions météorologiques (un violent orage sur Salin de Giraud peut amputer la production française de 100 000 t). La moyenne est de 1,3 million de t/an.

Commerce extérieur : en 2021.

Les exportations étaient de 35 780 t avec comme principaux marchés à :

  • 24 % le Royaume Uni,
  • 13 % l’Espagne,
  • 11 % la Belgique,
  • 8 % l’Italie.

Les importations s’élevaient à 328 867 t  en provenance principalement à :

  • 33 % d’Allemagne,
  • 30 % de Tunisie,
  • 10 % d’Espagne,
  • 9 % des Pays Bas.

Production des marais salants :

En 1857, la production française de sel de mer était de 445 000 t dont 208 000 t sur la côte atlantique. Actuellement, cette production est marginale, comparée à celle de la côte méditerranéenne. Elle est réalisée aux 3/4 dans la presqu’île de Guérande (44).

Exploitations salinières méridionales :

en t/an de capacités de production
Salin de Giraud Aigues-Mortes Berre
340 000 t/an 250 000 t/an 45 000 t/an


Récupération du sel lors du creusement de cavités salines de stockage d’hydrocarbures :

Le salin de Berre est alimenté en saumure, avec une concentration nettement plus élevée que l’eau de mer, provenant du gisement de sel gemme de Manosque. Celui-ci sert (dans les cavités libérées par l’exploitation du sel de dissolution), depuis 1968, au stockage d’hydrocarbures liquides. Les saumures circulent de Manosque au Salin de Berre en période de stockage d’hydrocarbures et en sens inverse en période de déstockage. De nouvelles cavités ont été aménagées par lessivage de sel en 1991 afin de stocker du gaz naturel. Les 3 millions de m3 de saumures formés ont été emmagasinés dans les étangs de Lavalduc et d’Engrenier. La saumure est transportée par saumoduc. La capacité de production est d’environ 45 000 t/an.

Les cavités de sel d’Etrez (01) et de Tersanne (26) permettent également de stocker du gaz naturel. Les 14 cavités de Tersanne de 160 000 m3 en moyenne, soit au total 2,24 millions de m3 permettent de stocker, sous pression (de 80 à 245 bar), 420 millions de m3 (conditions normales) de gaz naturel. Elles ont donné lors de leur formation, par dissolution du sel, 6 millions de t de sel livré à Rhône-Poulenc (actuellement Solvay), société productrice, à l’époque, de dichlore. Le creusement a été effectué entre 1969 et 1984.

Principaux producteurs français :

  • Salins : carte des implantations industrielles.
    Capacités de production : 4 millions t/an de sel (3 millions de t/an de sel de mer, 610 000 t/an de sel igné et 525 000 t/an de sel gemme) dont 1,8 million de t/an en France. Productions également en Espagne (800 000 t/an) à Torrevieja, Almeria, Cadix et Bonmati, Tunisie (1,1 million de t/an) avec la filiale Cutusal, Italie, à Porto Viro (200 000 t/an) et Sénégal avec le salins à Kaolack (240 000 t/an). Commercialise les marques : « La Baleine » et « Saunier de Camargue« .
    Exploite, en France (en capacités annuelles de production) :

    • Les marais salants méditerranéens : Salin de Giraud : 340 000 t/an, Aigues-Mortes : 250 000 t/an, Berre : 45 000 t/an.
    • Du sel de Guérande avec la société Bourdic à Batz-sur-Mer et la marque « Le Paludier« , avec 4 000 t/an.
    • La mine de sel gemme de St Nicolas-Varangéville : 525 000 t/an. Le sel produit est destiné, principalement, au déneigement. La production dépend donc des conditions climatiques.
    • Du sel ignigène à Varangéville (560 000 t/an) et Dax (48 000 t/an).
    • En 2017, Salins a pris le contrôle de la Saline d’Einville (54) qui produit du sel ignigène avec une capacité de production de 28 000 t/an.

En Tunisie, exploitation par la société Cotusal de sites à Sousse (135 000 t/an), Sfax (315 000 t/an) et Zarzis (650 000 t/an). Ce sel est principalement destiné à l’exportation (près de 1 million de t/an). La consommation locale est d’environ 125 000 t/an sous les marques « Le flamant » et « Le dauphin ».
Produit du sel pour le traitement de l’eau (adoucisseur, piscine, dénitrateur, lave-vaisselle) avec les marques « Aqua« , « Neptune », « Dolce ». Produit également du sulfate de magnésium avec une capacité de production de 6 000 t/an.
Sa filiale Rock, issue du regroupement, en 1999, des activités dans le sel de déneigement du groupe Salins, de la SCPA et des Mines de Potasse d’Alsace est chargée de la commercialisation du sel de déneigement.

  • Esco (European Salt Company, filiale du groupe K+S, Allemagne) :
    Société créée en 2002 par la mise en commun des activités dans le sel (hors sel destiné directement aux activités chimiques de Solvay) de K+S Aktiengesellschaft (Allemagne), 62 % des parts et Solvay (Belgique), 38 % des parts. En 2004, achat de la participation de Solvay par K+S.
    Marques : Sonnensalz (Allemagne), Cérébos (France, Benelux), Vatel (Portugal).
    Capacités de production européennes, en millions de t/an : sel gemme : 5,8, sel raffiné : 2,3, saumures : 1,7, avec 15 sites de production dans 6 pays européens : Bernburg, Grasleben, Borth, Standt (Allemagne), Harlingen (Pays-Bas), Jemeppe (Belgique), Torrelavega (Espagne), Povoa, Alverca, Olhao (Portugal).
    En France, production à Dombasle (200 000 t/an).
    Possède, à Bernburg (Allemagne) dans d’ex-cavités de sel, des capacités de 86 000 t/an de stockage de gaz liquide.
  • Solvay exploite du sel de dissolution à Dombasle (54) afin d’alimenter sa production de carbonate de sodium.
  • Seqens, exploite du sel de dissolution à Lenoncourt (54) pour alimenter sa production de carbonate de sodium de Laneuveville-devant-Nancy (54).
  • Inovyn, filiale de Ineos, qui a repris les activités de Solvay à Tavaux (39) dans l’électrolyse des solutions salines exploite du sel de dissolution à Attignat (01) et est approvisionné par Storengy, filiale de Engie qui exploite la cavité saline de Etrez (01) pour stocker du gaz naturel. L’approvisionnement est réalisé à l’aide d’un saumoduc de 116 km.
  • Vencorex produit du sel de dissolution, à Hauterives (26), qui est autoconsommé, après transport par 84 km de saumoduc, à Pont de Claix (38).
  • Kem One qui a repris, en juillet 2012, les activités dans ce secteur d’Arkema, produit du sel de dissolution (500 à 600 000 t/an) à Vauvert (30), pour alimenter les usines d’électrolyse de Fos-sur-Mer et Lavéra (13) à l’aide de 86 km de saumoduc.
  • La Société d’Exploitation des Salines de Salies-de-Béarn (64) exploite, par évaporation, de la saumure extraite de la source Reine Jeanne d’Oraàs (64) via un saumoduc de 8 km.

Lieux de production de sel, en France

(Document de Sels de France)

Utilisations

Consommations : en 2018, la consommation mondiale a été de 325 millions de t, l’Asie de l’Est représentant 52 % de la consommation mondiale, 18 % pour l’Amérique du Nord, 14 % pour l’Europe de l’Ouest. En 2020, la consommation apparente des États-Unis a été de 53 millions de t.

Secteurs d’utilisation : en milliers de  t.

Monde, en 2015 Europe, en 2015 Japon, en 2020 États-Unis, en 2020
Industrie chimique 54 % 53 % 77 % 38 %
Déneigement 13 % 14 % 9 % 43 %
Industries diverses *,** 24 % 29 % 2 % 1 %
Consommation humaine 9 % 4 % 10 % 9 %
Traitement de l’eau * 1 %
Agriculture, élevage 4 %

* en France, le traitement de l’eau est inclus dans les industries diverses,
** dans le monde, les industries diverses sont regroupées avec le traitement de l’eau, l’agriculture et l’élevage.

Dans les pays industrialisés, l’industrie chimique consomme environ 70 % de la production de sel. Aux États-Unis, en 2017, la consommation de l’industrie chimique a été de 17,0 millions de t dont 15,4 millions de t par la production de dichlore et hydroxyde de sodium, approvisionnée, en 2019, à 90 % par du sel de dissolution. La situation des États-Unis est particulière car, dans ce pays, la production de carbonate de sodium ne nécessite pas l’emploi de chlorure de sodium. En effet, le carbonate de calcium est produit à partir de sources naturelles.

Industrie chimique :

  • Production de Cl2NaOH par électrolyse (voir ces chapitres) : le sel cristallisé alimente les électrolyses à membrane, le sel de dissolution alimente les électrolyses à diaphragme. En 2018, cette production représente 36 % de la consommation mondiale.
  • Production de carbonate de sodium utilisé dans les industries du verre, du papier, des corps gras qui emploient du sel de dissolution. En 2017, cette production représente 18 % de la consommation mondiale.
  • Production de sulfate de sodium destiné à la fabrication de détergents, du verre, du papier kraft.

Déneigement : une partie du sel compté en consommation humaine (ou agricole) sert au déneigement. La consommation de ce secteur varie énormément d’une année à l’autre. Dans l’Union européenne, la moyenne est de 4,5 millions de t/an (1,9 million de t en 1990, 5 millions de t en 1991). La dose employée est de 5 à 15 g/m2 soit de 0,5 à 2,8 kg par mètre linéaire de chaussée et par an.

Le chlorure de sodium assure une protection jusqu’à -10°C, le chlorure de magnésium jusqu’à -15°C, le chlorure de calcium jusqu’à -20°C. D’autres fondants peuvent être utilisés, l’urée, les glycols, l’acétate de calcium et de magnésium, mais le chlorure de sodium reste largement majoritaire, il représente plus de 90 % de la consommation de sels de déneigement.

Alimentation humaine : en France, la consommation est, en 2009, de 359 000 t avec, en 2014, une part de 22 % pour les ménages et 78 % pour l’agro-alimentaire.

  • L’ingestion totale quotidienne actuelle est de 7 à 8 g/personne (1 à 2 g naturellement présent dans les aliments, 3 à 4 g dans les aliments fabriqués industriellement, 2 g ajoutés à la cuisine ou sur la table).
  • Le besoin minimum de l’organisme est de 6 g/jour/personne. La teneur en sel du sang est de 0,9 %.
  • La teneur en sel du pain est de 12 g sel/kg de pain.
  • La supplémentation en iodure de sodium (NaI) est réalisée depuis 1952 (15 à 20 mg de I/kg) et en fluorure de potassium (KF) depuis 1985 (250 mg ± 15 % de F/kg). Le sel iodé ou iodé-fluoré représentait, en 2019, en France, 31 % de la consommation des ménages en sel.

Pharmacie : les solutions physiologiques improprement appelées sérums physiologiques renferment 9 g/L de chlorure de sodium dissous dans de l’eau distillée.

Agriculture : utilisé dans l’alimentation du bétail (jusqu’à 80 g/j pour une vache laitière), comme désherbant, engrais pour la culture des betteraves.

Industries diverses :

  • Cuirs et peaux comme agent déshydratant.
  • Textiles pour la fixation des bains de teinture.
  • Régénération des résines échangeuses d’ions utilisées pour l’adoucissement de l’eau.

Bibliographie